Deux mois avec sursis pour refus de vacciner : la justice
"n'a pas voulu trancher" Par Cécile Deffontaines
Publié
le 08-01-2016
Les époux qui avaient refusé de faire administrer le DT-polio, vaccin
obligatoire, à leur fillette, n’ont été condamnés qu’à une peine légère.
Uen préparation (illustration)
(FRANCES M. R/NEWSCOM/SIPA)
Le tribunal d’Auxerre a
condamné, jeudi 7 janvier, les époux Larère à une peine de deux mois avec
sursis, pour ne pas avoir vacciné leur fille. Ils risquaient, en
théorie, au maximum six mois ferme et une amende entre 3.000 et
5.000 euros.
"Je trouve
cette peine objectivement très légère, puisqu’elle n’est assortie ni d’une
amende, ni d’une injonction de vacciner les enfants, alors que le tribunal
pouvait le faire", explique l’avocat du couple, maître Emmanuel
Ludot.
« Le
tribunal n’a pas voulu se laisser instrumentaliser, ni par les pros, ni par les
anti-vaccins. Il n’a pas voulu trancher ce débat de société, "pour ou
contre les vaccins", et ce n’est en effet pas sa mission. Il s’est juste
appuyé sur les textes de loi, qu’il a appliqués a minima. »
La stratégie du couple
n’aura donc pas marché. Au travers de leur histoire personnelle, les époux Marc
et Samia Larère souhaitaient porter le débat sur la vaccination en place
publique. Leur passage devant le tribunal d’Auxerre a offert une petite tribune
à leur combat : dénoncer le fait qu’il est quasi impossible, en France, de
faire vacciner son enfant avec le seul vaccin obligatoire, à savoir le
DT-Polio.
En effet, les pharmacies ne proposent aux parents que des vaccins combinés,
contenant plusieurs souches vaccinales dont la plupart ne sont que recommandées
par les autorités de santé.
Une qualification exagérée ?
Les époux étaient, lors de leur procès mi-septembre, soutenus
par plusieurs dizaines de militants anti-vaccins, dont des parents d’enfants
victimes d’accidents vaccinaux. Certains s’étaient manifestés bruyamment durant
l’audience.
Cette décision (sauf s’il
y a appel) met un terme au long combat des époux. Leur avocat est en effet allé
jusqu’à interpeller le Conseil constitutionnel, en lui posant une question
prioritaire de constitutionnalité (QPC). Il demandait à l’institution de
trancher une question d’importance : contraindre des parents à vacciner
leur enfant est-il conforme à la Constitution ? En mars, les Sages y ont répondu "oui".
Les époux étaient à
l’origine poursuivis pour maltraitance. Une qualification qui semblait exagérée
vu que leur enfant se porte comme un charme, en dehors du fait qu’il n’est pas
immunisé contre des maladies dangereuses. Fin octobre, le tribunal avait donc
décidé de requalifier les faits en simple "refus ou entrave à la
vaccination".
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