samedi 11 juin 2016

LES BLEUS À L'EURO 2016


Les yeux sans les Bleus
L’Euro 2016, c’est parti. Les Yeux sur les Bleus aussi. Bienvenue sur le blog qui tâchera de vous narrer chaque jour le feuilleton de l’équipe de France, en dépit de l’épaisseur du bunker dans lequel elle va être enfermée pendant un mois. 
Ceci n’est pas Adil Rami, mais un tracteur en train de tondre une pelouse de Clairefontaine. AFP PHOTO / FRANCK FIFE
Avant toute chose, avant que le bazar commence, nous tenons à exprimer ici notre sympathie, et souhaitons adresser de sincères vœux de courage et de patience à ceux que le football indiffère, voire indispose. Le mois qui vient risque d’être extrêmement pénible pour vous, surtout si l’équipe de France a l’impolitesse de tarder à se faire éliminer du tournoi. Un conseil, vu ce qui risque de les saturer du 10 juin au 10 juillet : éteignez tous vos écrans au cours de cette période. Encore pardon pour le dérangement. Passez un beau début d’été.
A ceux qui sont toujours parmi nous, bienvenue. Vous être en train de lire Les Yeux sur les Bleus, le blog du Monde qui tâchera tous les matins de vous décrire le quotidien de l’équipe de France, de vous raconter les bribes qui échappent aux caméras de télévision, et de retranscrire fidèlement les propos entendus dans les couloirs, en conférence de presse, en zone mixte ou dans l’intimité des chambres des Bleus au château de Clairefontaine, même si ça risque d’être plus compliqué.
En ce qui concerne le titre, Les Yeux dans les Bleus était déjà pris, et de toute façon, depuis que Stéphane Meunier a réalisé le meilleur documentaire sportif de tous les temps (selon Bixente Lizarazu, et à peu près tous les amateurs de football en France), raconter la vie des Bleus de l’intérieur est devenu impossible, à moins d’être soi-même un joueur de l’équipe de France, ce qui n’est pas encore notre cas.
Personne ne fera jamais mieux que Les Yeux dans les Bleus, parce que personne n’aura plus jamais les yeux dans    les Bleus. Nous nous contenterons donc de les garder sur eux autant qu’on pourra. Mais pour ne rien vous cacher, le risque existe que notre affaire se transforme au fil des jours en Les Yeux sans les Bleus, tant la bunkérisation de l’équipe de France, que l’on peut aujourd’hui estimer nécessaire pour diverses raisons, semble irréversible et incontournable.
LE BALLET DES CRS
Voilà, nous sommes le 10 juin, la compétition débute. Fini, les opérations séduction en public et les entraînements à huis ouvert (c’est l’inverse du huis clos) qui ont rythmé la préparation. Place à la protection, indice maximal. Clairefontaine, le QG des Bleus, déjà l’un des lieux les plus inaccessibles de France en temps normal, en est désormais l’un des plus sécurisés. Des agents aux mines dissuasives empêchent tout écart du chemin balisé vers l’auditorium où se déroulent les austères conférences de presse, et on a déjà vu un confrère britannique se faire instamment prier d’effacer la photo qu’il avait prise de la Coupe du monde géante qui trône au milieu du domaine, au motif que « ce sont les consignes ». Les paris sont ouverts pour savoir qui perdra son accréditation en premier pour avoir tenté de s’approcher un peu trop près du château où vivent les Bleus.
Patrice Évra en grande conversation avec un ballon, le 9 juin 2016. AFP PHOTO / FRANCK FIFE
En raison du règlement de l’UEFA, qui impose aux équipes une certaine proximité du stade 24 heures avant leur match, les 23 joueurs français et le staff ont passé la nuit dernière à Paris, du côté de Cour Saint-Émilion (12e arrondissement), dans un hôtel chic et sans âme où le café coûte 4 euros, décoré d’étonnantes sculptures de simili King Kong en colère. Là encore, policiers à chaque coin de rue, fouille des sacs et palpation corporelle avant de pouvoir pénétrer dans l’hôtel, où les chances de croiser un joueur sont aussi grandes que celles de voir l’Albanie remporter l’Euro.
A l’extérieur, quelques dizaines de badauds attendaient les Bleus avant leur départ pour l’entraînement – d’autres n’étaient là que pour le groupe de métal Iron Maiden, qui dormait dans ce même hôtel avant un concert parisien. Ils ont surtout entendu des sirènes et été témoins du ballet auquel se sont livrés les CRS pour bloquer tous les accès menant à l’établissement, alors qu’un groupe de manifestants anti-loi El Khomri et anti-plein d’autres choses déambulaient à proximité.
HUGO LLORIS ET LA GRÈVE
Au Stade de France, quelques heures plus tard, les journalistes ont eu droit à quinze malheureuses minutes de l’entraînement des Bleus – les premières, celles où il ne se passe évidemment rien –, le temps pour les caméras d’enregistrer quelques images qui meubleront le vide en attendant la rencontre de ce soir, avant de se faire expulser sans ménagement de l’enceinte. Avant l’entraînement, une conférence de presse obligatoire avait amené Didier Deschamps et Hugo Lloris devant les médias, et on ne pouvait y assister sans une accréditation spéciale, différente de celle donnant accès à la tribune de presse.
Bref. La spontanéité a depuis longtemps disparu du football des hautes sphères, où tout est programmé, cadré, minuté. Cet Euro laissera sans doute encore moins de place que les précédents à l’imprévu et à la liberté de mouvement, en raison du contexte sécuritaire que l’on sait. Et qui n’a pas l’air de traumatiser les Bleus, si l’on en croit Paul Pogba, interrogé par Le Monde : « On n’en a pas parlé entre nous. Ce n’est pas parce qu’il s’est passé ce qui s’est passé que ça va se passer pendant l’Euro. Ils vont faire attention, tout sera plus sécurisé. Espérons que tout se passera bien. Mais il ne faut pas y penser. »
Il va falloir tâcher de penser à autre chose, en ces temps également troublés par un conflit social dur. « Une grande compétition, surtout quand le pays connaît des soucis sociaux [essayez de répéter dix fois « soucis sociaux » très vite, pas facile], permet au peuple français de s’évader », assure Didier Deschamps à L’Équipe. Les grèves massives annoncées sur le RER B et D risquent quant à elles de l’empêcher d’accéder au Stade de France aujourd’hui. Hugo Lloris espère que  « ça ne va pas gâcher la fête. Une compétition comme celle-là, sur le sol français, c’est une chance. On doit tous montrer une belle image de notre pays. » Le gardien des Bleus n’a, en revanche, pas voulu s’exprimer sur le contenu de la loi travail, ni indiqué s’il était favorable ou non à une réécriture de l’article 2.
Henri Seckel


lundi 6 juin 2016

En Corée du Sud, même les avions retiennent leur souffle lors des examens

 Le Monde.fr
Embouteillages ou trafic aérien : rien ne doit perturber la concentration des 630 000 lycéens de Corée du Sud qui passent leurs examens d’entrée à l’université, ce jeudi 12 novembre.
Pour préserver leurs oreilles, le ministère des transports a précisé que 69 vols ont dû être reprogrammés et que quatre vols intérieurs ont carrément été annulés pour la journée. Tous les vols à l’arrivée ont par ailleurs pour consigne de maintenir une altitude supérieure à 3 000 mètres et d’attendre l’autorisation d’amorcer leur descente. Enfin, concernant les airs, une suspension pendant trente-cinq minutes des décollages et atterrissages concernant tous les aéroports a été décidée, lors de la principale épreuve de compréhension orale en langue.
Le rythme urbain a également été modifié. Toutes les administrations, les principaux commerces et la Bourse ont ouvert une heure plus tard pour limiter les embouteillages et permettre aux élèves d’arriver à l’heure aux examens, qui ont commencé à 8 h 40. Les malchanceux néanmoins coincés dans la circulation pouvaient appeler le 112 pour recevoir l’aide des voitures et motards de la police.
Pancartes d’encouragements
La pression qui pèse sur ces lycéens est à la hauteur des espoirs de leurs familles respectives. Leurs parents dépensent souvent une fortune afin de lespréparer au mieux à ces examens qui peuvent leur ouvrir les portes des plus prestigieux campus. Selon des chiffres du ministère de l’éducation, les Sud-Coréens ont dépensé 19 000 milliards de wons (15 milliards d’euros) en 2013 en leçons particulières et cours du soir pour leurs enfants, soit l’équivalent de 1,5 % du PIB du pays.
Une fois dispensés les ultimes conseils, de nombreux parents se précipitaient vers les églises et temples les plus proches pour invoquer une intervention divine. Et des enfants brandissaient des pancartes d’encouragements à destination de leurs aînés à l’extérieur d’un centre d’examen de Séoul.
Chaque année, ces examens relancent le débat sur l’obsession sud-coréenne pour la réussite scolaire, les avantages et les inconvénients d’un système éducatif souvent considéré à l’étranger comme un modèle de méritocratie. Si la concurrence effrénée génère l’excellence, comme en témoignent les résultats desuniversités sud-coréennes dans les classements internationaux, elle engendre aussi des résultats beaucoup moins glorieux, comme un taux élevé de dépressions et de suicides.

Emploi : «Le numérique peut aussi s’allier à un but social»

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FORUM «QUI GOUVERNE INTERNET ?»
Emploi : «Le numérique peut aussi s’allier à un but social»

Pour Estelle Barthélémy, à la tête de Mozaïk RH, le digital est non seulement créateur d'emploi, mais permet aussi de mieux recruter. Tribune.
Samedi 21 mai, Libération organisait le Forum «Qui gouverne Internet ?», une journée pour débattre de la souveraineté à l’ère numérique. Estelle Barthélémy, directrice générale adjointe de Mozaïque RH, participera à la table ronde «Numérique : une autre conception du travail ?».
Le numérique est un mot qui fait rêver ou qui fait peur. Parfois synonyme de start-up en vogue, de méthodologies de travail qui bousculent, de beaux mots ou de gros mots.
Le numérique offre des boulevards de croissance (5,5% du PIB en 2014) et d’emploi (1,5 million d’emplois en France liés directement ou indirectement au numérique) mais il peut aussi nourrir en son sein un monstre sans contours qui reproduit les déséquilibres, les antagonismes et les discriminations classiques du marché du travail.
Le digital : une opportunité pour les diplômés
Quel espoir le numérique peut-il apporter pour toute une partie de la population française, diplômée et formée et pourtant mise de côté 4 à 5 fois plus souvent alors même que de nombreuses offres d’emploi restent à pourvoir ?
Big data, start-up du digital, applications mobiles, l’ensemble de ces innovations représentent une formidable opportunité pour les talents où qu’ils soient. D’ailleurs l’outil numérique permet de dépasser les frontières géographiques, sociales ou culturelles et faire la part belle à la diversité, synonyme de créativité et in fine d’innovation. Chercher les talents là où les entreprises classiques ne vont pas spontanément, confronter les idées, découvrir autrui pour créer ensemble les solutions de demain : l’entreprise du XXIe siècle sera diverse ou ne sera pas.
Le numérique au service de l’emploi social
Des initiatives existent déjà. De nouvelles applications RH voient le jour, avec pour but de faciliter le travail des entreprises dans l’identification de compétences. Les lignes bougent également du côté des cabinets en stratégie comme Tenzing qui souhaite ajouter Rick Rut en complément des étapes de sélections habituelles. Le but : recruter les meilleurs consultants sur la base de leurs compétences et non plus uniquement sur le nom de leur école.
Le numérique peut aussi s’allier à un but social. C’est le pari de Paul Duan, Fondateur de l’ONG Bayes Impact basée à la Silicon Valley. Il a signé une convention avec Pôle emploi qui lui a remis 10 ans d’historique de données afin de concevoir un assistant intelligent qui sera capable de proposer à tout moment et ce en corrélant un ensemble de data (profil du demandeur d’emploi, informations sur le marché de l’emploi en temps réel etc..) le meilleur plan d’attaque pour le demandeur d’emploi le tout gratuitement et en libre-service. Il s’agira d’une plate-forme aussi intuitive que Google. C’est aussi le cas de Samira Seltani qui a lancé Trust & Try job dont le but est de favoriser le recrutement des profils autodidactes et atypiques. Le site propose une alternative au CV en utilisant la puissance de la technologie pour métamorphoser le recrutement.
Le numérique, a déjà entamé sa révolution, et devra rimer avec inclusion économique pour transformer en profondeur, les pratiques, les objectifs et les paradigmes du XXIe siècle.



lundi 30 mai 2016

Comment rattraper ......................... ?

CORRIGÉ

Comment rattraper un entretien d'embauche qui se passe mal ?

Parce qu’il n’est jamais trop tard pour mieux faire, voici les conseils de nos experts pour rectifier le tir quand un entretien ne se déroule pas aussi bien que prévu.

Oups, j’ai dit une bêtise : la reconnaître, et vite !

« Plus vite on la corrige, plus vite elle sera oubliée. » En entretien, Patrice Ras invite les candidats à reconnaître leurs maladresses rapidement… et dans les deux sens du terme surtout. « Il faut d’abord être très vigilant aux réactions du recruteur pour percevoir qu’une réponse lui a déplu ou l’a dérouté, observe ce conseil en gestion de carrière, auteur du guide Savoir se faire recruter. Ensuite, il ne faut pas hésiter à l’interrompre et à reformuler son propos dans la foulée si on sent que l’on a commis une maladresse. Les études montrent qu’un préjugé défavorable peut naître dès les trois premières minutes de l’entretien, d’où l’importance de ne rien laisser passer. »
Car rien n’est encore perdu. « L’erreur est humaine à condition de savoir la formuler », témoigne le psychologue Alain Thiry. Ce spécialiste en PNL (Programmation neurolinguistique) déconseille ainsi de s’excuser. « Le mot "excuse" présuppose qu’il y a un coupable. Je recommande plutôt de dire que l’on est "désolé" d’avoir employé une formule inopportune. Le ressenti n’est pas le même et cela permet d’emblée de dédramatiser un peu. »

Quand on a l’intuition que cela se passe mal : faire un break

Encore faut-il pouvoir identifier son impair. « Le plus souvent, un candidat a juste l’intuition, en cours de discussion, que l’entretien lui échappe », constate  Jean-Marc Fourche, auteur du guide Entretien d'embauche : les 5 étapes clefs pour convaincre et réussir. Parmi les indices à surveiller : si le recruteur arrête de prendre des notes, commence à regarder ailleurs ou semble accélérer le tempo vers la fin de l’entretien.
Mais ce consultant suggère alors aux intéressés de ne pas rester passif. « N'hésitez pas à faire un break au milieu de l’entretien avec une phrase du genre "Je me permets de vous interrompre car j’ai l’impression que je ne vous convaincs pas." Effet garanti selon ce spécialiste. « Un recruteur ne voit jamais ça et pourra formuler quelques remarques. Pour le candidat, c’est le moyen de reprendre la main et de prouver sa motivation. »

À la fin de l’entretien : demander au recruteur ce qu’il pense de vous

« Avant de quitter un recruteur, je propose à tous les candidats de lui poser la question qui fâche, c’est-à-dire "Que pensez-vous de ma candidature ?", indique Patrice Ras. Seuls les meilleurs candidats osent alors que c'est une question logique et facile à poser. » Pour ce consultant, c’est une précaution utile - si on a l’impression que l’entretien s’est bien passé. « C’est une façon d'obliger le recruteur à sortir du bois. » Mais pour ceux qui n’osent pas poser la question de but en blanc, « on peut demander un recruteur si ces réponses sont à la hauteur de ses attentes, estime Jean-Yves Arrivé, consultant et auteur des 50 règles d'or de l'entretien d'embauche. Ainsi, il sera possible de reformuler. « Ce qui permet de faire les ajouts nécessaires et parfois de sauver la mise », ajoute-t-il.

Quand on s’en aperçoit un peu tard : se rattraper par mail

Mais que faire si on s’en aperçoit après ? Ou si on n’a pas osé intervenir pendant ? « En général, une fois que l’entretien est passé, c’est un peu tard », reconnaît Jean-Yves Arrivé. Malgré tout, il serait dommage de ne rien tenter. « De toutes façons, il est toujours judicieux d'envoyer un mail de remerciement. Et sans verser dans la contrition, on peut ajouter une phrase du genre "Je ne suis pas sûr d'avoir été suffisamment précis" sur tel ou tel point et rajouter un commentaire pertinent. »

« L’avantage d’un mail de remerciement est qu’il permet de réitérer sa motivation et, éventuellement, de faire la différence, face à d’autres candidats, auprès d’un recruteur sensible à ce type de politesse », estime Jean-Marc Fourche.