CORRIGÉ
Comment rattraper un entretien d'embauche qui se passe
mal ?
Parce qu’il n’est jamais trop tard pour mieux faire,
voici les conseils de nos experts pour rectifier le tir quand un entretien ne
se déroule pas aussi bien que prévu.
Oups, j’ai dit une bêtise : la reconnaître, et vite !
« Plus vite on la corrige, plus vite elle sera oubliée. » En entretien,
Patrice Ras invite les candidats à reconnaître leurs maladresses
rapidement… et dans les deux sens du terme surtout. « Il faut d’abord être
très vigilant aux réactions du recruteur pour percevoir qu’une réponse lui a déplu ou l’a dérouté, observe ce
conseil en gestion de carrière, auteur du guide Savoir se faire
recruter. Ensuite, il
ne faut pas hésiter à l’interrompre et à reformuler son propos dans la foulée
si on sent que l’on a commis une maladresse. Les études montrent qu’un préjugé
défavorable peut naître dès les
trois premières minutes de l’entretien, d’où l’importance de ne rien laisser
passer. »
Car rien n’est encore perdu. « L’erreur est humaine
à condition de savoir la formuler », témoigne le psychologue Alain Thiry.
Ce spécialiste en PNL (Programmation neurolinguistique) déconseille ainsi de
s’excuser. « Le mot "excuse" présuppose qu’il y a un coupable.
Je recommande plutôt de dire que l’on est "désolé" d’avoir employé
une formule inopportune. Le ressenti n’est pas le même et cela permet d’emblée
de dédramatiser un peu. »
Quand on a l’intuition que cela se passe mal : faire un
break
Encore faut-il pouvoir identifier son impair. « Le
plus souvent, un candidat a juste l’intuition, en cours de discussion, que
l’entretien lui échappe », constate Jean-Marc Fourche, auteur du
guide Entretien d'embauche : les 5 étapes clefs pour
convaincre et réussir. Parmi les indices à surveiller : si le recruteur arrête
de prendre des notes, commence à regarder ailleurs
ou semble accélérer le tempo vers la fin de l’entretien.
Mais ce consultant suggère alors aux intéressés de ne pas
rester passif. « N'hésitez pas
à faire un break au milieu de l’entretien avec une phrase du genre "Je me
permets de vous interrompre car j’ai l’impression que je ne vous convaincs
pas." Effet garanti selon ce spécialiste. « Un recruteur ne voit
jamais ça et pourra formuler quelques remarques.
Pour le candidat, c’est le moyen de reprendre la main et de prouver sa
motivation. »
À la fin de l’entretien : demander au recruteur ce qu’il
pense de vous
« Avant de quitter un recruteur, je propose à tous
les candidats de lui poser la question qui fâche, c’est-à-dire "Que
pensez-vous de ma candidature ?", indique Patrice Ras. Seuls les meilleurs
candidats osent alors que c'est une
question logique et facile à poser. » Pour ce consultant, c’est une
précaution utile - si on a l’impression que l’entretien s’est bien passé.
« C’est une façon d'obliger le recruteur à sortir du bois. » Mais
pour ceux qui n’osent pas poser la question de but en blanc, « on peut
demander un recruteur si ces réponses sont à la hauteur de ses attentes, estime Jean-Yves Arrivé,
consultant et auteur des 50 règles d'or
de l'entretien d'embauche. Ainsi, il sera possible de
reformuler. « Ce qui permet de faire les ajouts nécessaires et parfois de
sauver la mise », ajoute-t-il.
Quand on s’en aperçoit un peu tard : se rattraper par
mail
Mais que faire si on s’en aperçoit après ? Ou si on n’a
pas osé intervenir pendant ? « En général, une fois que l’entretien est
passé, c’est un peu tard », reconnaît Jean-Yves Arrivé. Malgré tout, il serait dommage de ne
rien tenter. « De toutes façons, il est toujours judicieux d'envoyer un
mail de remerciement. Et sans verser dans la contrition, on peut ajouter une
phrase du genre "Je ne suis pas sûr d'avoir été suffisamment précis"
sur tel ou tel point et rajouter un commentaire pertinent. »
« L’avantage d’un mail de remerciement est qu’il
permet de réitérer sa motivation et, éventuellement, de faire la différence, face à d’autres candidats, auprès d’un recruteur sensible à ce
type de politesse », estime Jean-Marc Fourche.