dimanche 29 novembre 2015
jeudi 26 novembre 2015
mardi 24 novembre 2015
ORTHOGRAPHE FRANÇAIS
Règles d'application des
recommandations orthographiques
« Aucune des deux graphies [ni l'ancienne ni la nouvelle] ne peut être
tenue pour fautive. »
Déclaration précédant les listes du Dictionnaire de
l'Académie française (9e édition en cours de publication) dans
les fascicules du Journal officiel de la République française depuis le 22 mai
1993
A.
Le trait d'union et la soudure
1.
Le trait d'union est remplacé par la
soudure dans tous les composés de contr(e)- et entr(e)-, pour lesquels on poursuit l'action
commencée par l'Académie en 1835, 1878 et 1935 (ex. : contrappel, entretemps sur le modèle de contrepoint, entrevue).
2.
Le trait d'union est remplacé par la
soudure dans tous les composés de extra-, infra-, intra-, ultra- (ex. : extrafort sur le modèle deextraordinaire), comme
les composés de en, sur, supra, déjà soudés.
N.B. Le trait d'union est maintenu dans les mots où la soudure
engendrerait une prononciation défectueuse (ex. : extra-utérin).
3.
Le trait d'union est remplacé par la
soudure dans les composés d'éléments savants, en particulier en -o (ex. : autoécole sur le modèle de radioactif).
N.B. Le trait d'union est maintenu dans les noms propres et termes
géographiques où il sert à marquer une relation de coordination entre les deux
termes (ex. : gréco-romain).
4.
Le trait d'union est remplacé par la
soudure dans les composés de formation onomatopéique ou dans des mots d'origine
étrangère (ex. : bouiboui,weekend, un apriori sur le modèle de coucou…).
5.
Le trait d'union est remplacé par la
soudure dans certains composés formés à l'origine d'un verbe et d'un nom, ou
d'un verbe et de -tout, les composés avec basse-, mille-, haut(e)-,
et quelques autres composés (ex. : croquemonsieur, mangetout, millepatte, portemonnaie, rondpoint sur le modèle de faitout, passeport, portefeuille).
N.B. Ces mots étant devenus des mots simples, ils
suivent la règle générale du singulier et du pluriel (ex. : un millepatte, des millepattes sur le modèle deun millefeuille, des millefeuilles).
6.
Les numéraux composés sont
systématiquement reliés par des traits d'union (ex. : vingt-et-un-mille-six-cent-deux, quatre-centième, un-million-cent).
N.B. On distingue ainsi quarante-et-un tiers (41/3) de quarante et un tiers (40 + 1/3), et aussi mille-cent-vingt septièmes (1120/7) de mille-cent vingt-septièmes (1100/27), de mille cent-vingt-septièmes (1000/127), ou encore de mille-cent-vingt-septième (1127e).
B.
Le pluriel
1.
Les noms composés, avec trait d'union,
formés à l'origine soit d'une forme verbale et d'un nom, soit d'une préposition
et d'un nom, perçus
comme des mots simples, prennent la marque du pluriel au second élément, seulement et toujours lorsqu'ils
sont au pluriel (ex. : un essuie-main, des essuie-mains, un cure-ongle, des cure-ongles, un garde-meuble, des garde-meubles - qu'il s'agisse de personnes ou
de choses -, un
après-midi, des
après-midis).
N.B. La règle ne concerne pas les quelques
composés dont le second élément contient un article (ex. : trompe-l'œil) ou commence par une
majuscule (ex. : prie-Dieu).
2.
Les noms empruntés à d'autres langues,
dont le latin, suivent la règle générale du singulier et du pluriel des mots
français (ex. : les boss, les gentlemans,les matchs, les minimas, les minimums).
Exceptions : les noms ayant
conservé leur valeur de citation (ex. : des requiem).
C.
Les accents et le tréma
1.
Devant une syllabe graphique contenant
un e instable (dit e muet), on écrit è et non é. Ainsi :
o
on écrit évènement sur le modèle de avènement, règlementaire sur le modèle de règlement, etc. ;
o
les
formes conjuguées des verbes du type céder, au futur et au conditionnel,
s'écrivent avec un accent grave (ex. : elle cèderait sur le modèle de elle lèverait) ;
o
dans les
inversions interrogatives, la première personne du singulier en e suivie du pronom personnel je porte un accent grave (ex. : aimè-je).
Exceptions, en raison de leur
prononciation normée en syllabe initiale :
o
les
préfixes dé- et pré- (ex. : dégeler, prévenir) ;
o
les é- initiaux (ex. : échelon, édredon, élever) ;
o
ainsi
que médecin et médecine.
2.
L'accent circonflexe disparait sur les
lettres i et u (ex. : nous entrainons, il parait, flute, traitre).
Exceptions : le circonflexe est
maintenu, pour sa fonction analogique ou distinctive,
o
dans
les terminaisons verbales du passé simple (ex. : nous vîmes, vous lûtes) et du subjonctif
(ex. : qu'il
partît, qu'il
eût voulu) ;
o
dans jeûne(s), les masculins singuliers dû, mûr et sûr, et les formes de croitre qui, sinon, seraient homographes de
celles de croire.
3.
Le tréma est déplacé sur la lettre u qui
correspond à un son dans les suites -güe- et -güi- (ex. : aigüe, ambigüe, ambigüité).
N.B. Afin de corriger des prononciations
jugées défectueuses, le tréma est ajouté dans quelques mots (ex. : argüer, gageüre, rongeüre).
4.
Pour l'accentuation (comme pour le pluriel et la soudure), les mots
empruntés suivent la règle des mots français (ex. : homéo-, un imprésario).
D.
Simplification des consonnes doubles
1.
Les formes conjuguées des verbes en -eler ou -eter s'écrivent
avec un accent grave et une consonne simple devant une syllabe contenant un einstable
(dit e muet). Les dérivés en -ment de ces verbes suivent la même
règle (ex. : il détèle sur le modèle de il pèle, il étiquètera sur le modèle deil achètera ; nivèlement, renouvèlement).
Exceptions : appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler), bien implantés dans
l'usage.
2. Une consonne qui suit un e instable
(dit e muet) est simple : on écrit lunette/lunetier, dentelle/dentelier, dentelière, prunelle/prunelier, sur le modèle des
séries noisette/noisetier, chamelle/chamelier. De même : interpeler, nous interpelons,
etc.
3.
Les mots anciennement en -olle et
les verbes anciennement en -otter s'écrivent avec une consonne
simple, de même que leurs dérivés (ex. : girole,frisoter, frisotis).
Exceptions :
o
les
monosyllabes colle, folle, molle, bien implantés dans l'usage ;
o
les
mots de la même famille qu'un nom en -otte (ex. : botte/botter, flotte/flotter, flottement).
E.
L'accord d'un participe passé
1.
Le participe passé de laisser suivi
d'un infinitif est invariable (ex. : les enfants que nous avons laissé
partir sur le
modèle de les
enfants que nous avons fait partir, elle s'est laissé mourir sur le modèle de elle s'est fait mourir).
F.
Anomalies
1.
Quelques familles sont réaccordées (ex. : bonhommie comme bonhomme, charriot comme charrue, chaussetrappe comme trappe, combattivitécomme battre, déciller comme cil, imbécilité comme imbécile, innommé comme nommé, persiffler comme siffler, prudhommie commehomme, ventail comme vent).
2.
Quelques anomalies sont supprimées (ex. : les participes passés absout et dissout, assoir, douçâtre, exéma comme examen, levreau commeagneau, nénufar, ognon comme pognon, relai comme balai, saccarine, tocade).
3.
Un accent est ajouté dans quelques
mots, où il avait été omis ou dont la prononciation a changé (ex. : bésicles).
4.
La finale -illier est
remplacée par la finale -iller lorsque le i qui suit les
deux l ne s'entend pas (ex. : quincailler, serpillère).
N.B. On conserve toutefois le suffixe -illier dans les noms d'arbres et de végétaux
(ex. : groseillier).
G.
Recommandations générales
1.
D’une
manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux
créateurs de mots de privilégier la graphie la plus simple lorsque plusieurs
formes sont en usage : la graphie sans accent circonflexe (ex. : allo), la forme en n simple, le pluriel régulier, etc.
2.
D’une
manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux
créateurs de mots de franciser, dans la mesure du possible, les mots empruntés,
en les adaptant au système graphique du français (ex. : débatteur, musli), et de donner la préférence,
lorsque plusieurs formes existent, à celle qui est la plus proche du français
(ex. : paélia, taliatelle).
3.
D’une
manière générale, il est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux
créateurs de mots de préférer, pour l’écriture de mots nouveaux dérivés de noms
en -an, le n simple, et, pour les dérivés de noms
en -on, le n simple devant i, o, a (ex. : -onologie, -onaire, -onalisme, -onite [ex. :réunionite]).
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